Corot – Le peintre et ses modèles – Musée Marmottan Monet jusqu’au 8 juillet 2018


Il reste 81 jours pour voir cette exposition

Corot – Le peintre et ses modèles
Musée Marmottan Monet
Exposition du 8 février au 8 juillet 2018
2 Rue Louis Boilly 75016 Paris (carte)
Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h

Corot - Le peintre et ses modèles - Musée marmottan Monet

On connaît Corot pour ses paysages peints sur le vif, reconnu comme un précurseur de l’impressionnisme et pour avoir été l’un des fondateurs de l’école de Barbizon, mais peu de choses sur son goût pour le portrait, une discipline qu’il pratiqua pourtant toute sa vie dans son atelier et ne montra qu’à ses intimes et ses proches.

Comme ses contemporains, il peignait d’après modèle, et souvent les mêmes modèles qui allaient d’un atelier à l’autre. On pense à Emma Dobigny par exemple, souvent représentée par Corot, et qu’on retrouve aussi chez  Degas, Puvis de Chavannes ou Tissot.

Mais cette époque est aussi celle d’une évolution très intéressante, qui vit le modèle d’atelier, anonyme, simple objet de peinture, passer progressivement à celui de sujet du tableau, un statut d’ordinaire réservé aux personnalités célèbres qui commandaient leur portrait pour leur propre célébration.

Cette exposition rassemble  une soixantaine d’oeuvres, aujourd’hui dispersées dans le monde entier. Une occasion d’admirer quelques merveilles jamais présentées ensemble, permettant de voir l’évolution du peintre tant dans sa technique que son inspiration.

 

 

 


Les Hollandais à Paris – Van Gogh, Van Dongen, Mondrian… au Petit Palais jusqu’au 13 mai 2018


Il reste 81 jours pour voir cette exposition

LES HOLLANDAIS À PARIS (1789-1914)
Van Gogh, Van Dongen, Mondrian…
du 6 février – 13 mai 2018
Petit Palais, musée des Beaux-arts de la Ville de Paris
Avenue Winston-Churchill – 75008 Paris (carte)
Du mardi au dimanche de 10h à 18h.

(fermé lundi et le 1er mai)

Affiche Les Hollandais à Paris - Musée du petit Palais

Cette exposition entend évoquer autour de neuf peintres hollandais venus à Paris entre la fin du dix-huitième et le début du vingtième siècle,  la vie foisonnante des ateliers, des écoles, des galeries,  des amitiés, des influences et des rivalités qui agitèrent cette période extraordinaire pour l’art pictural et où Paris fut le  véritable centre artistique de cette époque.

Gérard van Spaendonck, Ary Scheffer, Johan Barthold Jongkind, Jacob Maris, Frederik Hendrik Kaemmerer, George Hendrik Breitner,Vincent van Gogh, Kees van Dongen et enfin Piet Mondrian…

Tels sont les neuf peintres qui sont présentés dans neuf salles selon un ordre sagement chronologique, entourés chacun des oeuvres  d’autres peintres français ou hollandais ayant à voir avec leur séjour en France.

Beaucoup de découvertes donc et des mises en relations réjouissantes qui éclairent cette période dont on ne finit pas d’explorer l’infinie richesse.

Une petite sélection purement subjective pour vous donner envie de courir au Petit Palais admirer cette très belle exposition temporaire visible jusqu’au 13 mai 2018:


PEINTURES DES LOINTAINS au Musée du Quai Branly jusqu’au 6 janvier 2019


Il reste 199 jours pour voir cette exposition

« PEINTURES DES LOINTAINS »
120 tableaux extraits de la  collection du musée du quai Branly – Jacques Chirac
Du 30 janvier 2018 au 6 janvier 2019 – Mezzanine Ouest
37 quai Branly  Paris 7e (carte)
Dimanche à mercredi de 11h à 19h – Jeudi à samedi de 11h à 21h.
Fermeture le lundi

Peintures des Lointains - Musée du Quai Branly - Jacques Chirac

C’est une formidable plongée dans l’univers merveilleux des terres lointaines du 19ème et d’une bonne moitié du vingtième siècle que nous propose le Musée du Quai Branly.

Un coup de chapeau en passant, à Sarah Ligner, commissaire de cette exposition, dont le travail est vraiment remarquable et d’une grande pertinence.

Une exposition qui nous retrace plusieurs histoires: celle de cette collection de plus de 500 peintures (plus de 120 sont présentées dans l’exposition) rassemblées pour l’essentiel entre 1931 et 2003 au palais de la porte Dorée. D’abord exposées dans des expositions universelles puis dans un palais, elles seront finalement mises en réserves comme notre souvenir collectif et c’est merveille de pouvoir aujourd’hui les admirer et tenter d’en comprendre le sens. Leur présentation regroupée les éclaire d’un jour très intéressant même s’il nous dérange un peu.

D’où cette autre  histoire, celle de l’idée que les artistes et la société dans laquelle ils vivaient se faisaient de ces fameux pays exotiques, porteurs de rêves et de sentiments  d’une incroyable naïveté condescendante, …et de richesses arrachées et amassées.

Les explorateurs, voyageurs, colonisateurs, suivis ou accompagnés par les peintres et les poètes, avaient comme nos touristes d’aujourd’hui, la marotte de la représentation, qu’elle soit celle des natifs et indigènes ou celle du voyageur lui-même, déguisé en autochtone ou pas. Et finalement le selfie et la photo souvenir, tout comme le portrait ou la peinture idéalisée en atelier ou sur le vif, nous en apprennent  bien plus sur le visiteur ou le rêveur que sur le pays visité ou ses habitants.

Il serait bon qu’en contemplant, émerveillés et décontenancés, ces représentations  décalées avec ce que nous pensons être la vérité et, disons-le, la morale historique contemporaine, nous ne nous fassions pas trop d’illusions: nos enfants nous regarderons certainement de travers en découvrant nos façons d’appréhender et de représenter nos lointains d’aujourd’hui.

Que penseront-ils de nos organisations humanitaires, de nos grands discours, de nos politiques commerciales de développement qui nous rapportent tellement plus qu’elle ne nous coûtent… Que penseront-ils dans un siècle, de nos déclarations enflammées, de nos concerts de solidarité, et de nos conseillers militaires quand ils ne sont pas les faux nez de simples corps expéditionnaires ou la nostalgie de la canonnière?  Je ne sais pas trop, mais rien de bon sans doute.

Allons, ne boudons pas notre plaisir et allons goûter la nostalgie des bons sauvages et des nuits câlines avec le sourire condescendant de ceux à qui on ne la fait pas… mais en ayant une conscience aigüe que, justement, nous ne sommes que préjugés et idées fausses, sans même nous en apercevoir.

Notre seule consolation sera de nous persuader que même nos successeurs seront à leur tour victimes de leurs propres aveuglements.

 

 


Les Ateliers d’Artistes sous la loupe de Damian Elwes


Il reste 199 jours pour voir cette exposition

ATELIERS À LA LOUPE de Monet à Ai Weiwei

40 peintures d’ateliers d’artistes et de leurs portraits, réalisés par l’artiste britannico-américain Damian Elwes
du 25 janvier au 9 septembre 2018

Le Musée en Herbe
23 rue de l’Arbre-Sec (carte)
75001 Paris
www.musee-en-herbe.com
01 40 67 97 66

 

Ateliers à la Loupe : De Monet à Ai Weiwei

Le Musée en Herbe présente Ateliers à la loupe , une rétrospective de 40 peintures d’ateliers d’artistes et de leurs portraits, réalisés par l’artiste britannico-américain Damian Elwes :
Cézanne, Monet, Gauguin, Matisse, Brancusi, Duchamp, O’Keeffe, Miró, Calder, Giacometti, Dalí, De Kooning, Kahlo, Twombly, Warhol, Kusama,
Kapoor, Koons, Ai Weiwei, Haring , etc…

« Damian Elwes consacre sa vie et son art à nous inviter dans les ateliers d’artistes de renom. Tel un détective, il visite des lieux, recherche des
témoignages, des photos, des films, des indices… il se met dans la peau des maîtres des lieux.
Collecter des informations et des indices sur les peintres et leurs ateliers peut parfois prendre jusqu’à 10 ans avant que Damian Elwes puisse commencer à peindre.  »

Et pour la réalisation finale, « Damian Elwes conserve néanmoins son propre style en utilisant des palettes typiques des artistes et de leurs oeuvres. »

Bref cette exposition est une occasion unique de visiter les ateliers des plus grands peintres et de pénétrer un peu plus dans leur intimité créatrice, tout en admirant le travail de ce peintre singulier qu’est Damian Elwes qui vit et travaille aujourd’hui à Santa Monica.

A titre d’exemple, On s’attardera volontiers sur la réalisation monumentale de l’atelier de Picasso à la Villa Californie de Cannes que Damian Elwes aura mis 12 ans à réaliser.

Fidèle à sa vocation et à son nom, le Musée en herbe propose aussi aux enfants, à l’occasion de cette exposition, des activités ludiques qui, j’en suis sûr, intéresseront bien des parents : enquêtes « A la recherche de la palette perdue » avec casquette et loupe, déguisements comme Frida Kalho, ateliers d’art plastique, etc. (détails ici)

 


Nino Migliori, la matière des rêves à la MEP jusqu’au 25 février


Il reste 3 jours pour voir cette exposition

Maison  Européenne de la Photographie
Nino Migliori, la matière des rêve

du 17/01/2018 au 25/02/2018
Niveau +3
 5/7 rue de Fourcy Paris 4e
Ouvert du mercredi eu dimanche de 11 à 20h

Nino Migliori - Le plongeur - 1951 - série " Les Gens d'Emilie "

Nino Migliori - " Série Cancellazioni " 1954

C’est le premier cycle pour 2018 et la Mep a choisi Nino Migliori pour l’une des expositions présentées, un photographe italien né en 1926 qui vit et travaille à Bologne (j’adore cette expression qui confond le travail et la vie) : Nino MIGLIORI.

Cette exposition décline les facettes multiples du travail de ce photographe : Photo humanistes d’après guerre, abstractions, expérimentations, polaroids, captations murales. « Critique et singulier, le regard de Nino Migliori ne cesse de questionner la matière du monde qui l’entoure pour en produire des ensembles étonnants et toujours justes. »

On découvrira ces facettes avec intérêt, étonné et admiratif devant cette curiosité et sa grande rigueur.  Chacun y trouvera son compte. Mais ce sont les séries  sur les petites gens de l’Italie d’après guerre qui m’ont particulièrement touché.

 

Nino Migliori : de la série " Gens de l'Emilie " 1959

Nino Migliori : " de la série Gens du sud " 1956

Nino Migliori : "de la série Gens du sud " 1956

Nino Migliori : "de la série gens du nord " années 50


Marilyn jusqu’au 13 février 2018 – Galerie de l’Instant


Galerie de l’Instant
46, rue de Poitou 75003 Paris – Métro Saint Sébastien Froissard
Tél. 01 44 54 94 09
Ouverture :  du mardi au samedi de 11h à 19h
Le lundi de 14h à 19h – le dimanche de 14h30 à 18h30
Galeriste : Julia Gragnon E-Mail: julia.gragnon@wanadoo.fr

Marilyn - Galerie de l'Instant

Marilyn - Galerie de l'Instant

Marilyn - Galerie de l'Instant

 

Après avoir admiré les photos de Marilyn, n’ hésitez pas à descendre les marches du petit escalier au fond de la galerie. D’autres photos  sont exposées au sous-sol, un peu en désordre mais quel plaisir n’est-ce pas de fouiner un peu et  d’y dénicher quelques pépites, comme ce portrait de Kate Moss encerclée par une meute de photographes que je ne connaissais pas…

Les bras de la Brindille sont un peu déformés par la prise de vue d’origine en plongée, effet encore renforcé par ma propre photo également prise du dessus.Kate Moss dans la réserve de la galerie de l'Instant

Un bon moment, vraiment: de belles photos et un accueil très chaleureux.


L’art du pastel de Degas à Redon au Petit Palais – jusqu’au 8 avril 2018


Il reste 45 jours pour voir cette exposition

L’art du pastel de Degas à Redon au Petit Palais Exposition du 15 septembre 2017 au 8 avril 2018 Du mardi au dimanche de 10h à 18h (Nocturne le vendredi jusqu’à 21h) Avenue Winston Churchill – 75008 Paris Tel: 01 53 43 40 00 Transports Métro Champs-Élysées Clemenceau, lignes 1 et 13 L’accès du musée et des collections permanentes est gratuite L’entrée à l’exposition temporaire : 10 euros (tarif réduit 8 euros)

 

L'Art du pastel de Degas à Redon

 

Le Petit Palais possède une collection remarquable de pastels, ces oeuvres fragiles, longtemps ignorées et reléguées aux esquisses et « crayonnages » préparatoires. Leur technique rend leur conservation problématique et que dire de leur exposition et ses manipulations obligatoires . Mais à quoi bon posséder des trésors pour un musée si c’est pour ne jamais les montrer.

Miracle donc que cette exposition de plus de six mois pour admirer  130 pastels qui regagneront sagement leur réserve : on ne les reverra pas de sitôt. Profitons-en et savourons notre plaisir.

L’exposition se concentre sur la seconde moitié du dix-neuvième siècle, et est organisée autour de cinq thèmes:
. Avant le renouveau du pastel
. Le pastel naturaliste
. Le pastel impressionniste
. Le pastel mondain
. Le pastel symboliste

Une sélection ici de merveilles avec pour certaines une vue agrandie  pour admirer quelques tours de magie techniques, traits de craie, estompes, etc… L’art de représenter un reflet, une carnation veloutée, une barbe grisonnante, etc

Jean Baptiste-Auguste Lenoir – La Sainte Famille – 1870 (vue partielle)

 

Jean Baptiste-Auguste Lenoir - La Sainte Famille - 1870 (détail)
Jean Baptiste-Auguste Lenoir – La Sainte Famille – 1870 (détail)
Jean-Baptiste-Auguste Lenoir - La Mort de saint Joseph - 1870
Jean-Baptiste-Auguste Lenoir – La Mort de saint Joseph – 1870
Jean-Baptiste-Auguste Lenoir - La Mort de saint Joseph - 1870 (détail)
Jean-Baptiste-Auguste Lenoir – La Mort de saint Joseph – 1870 (détail)
Jean-Baptiste Carpeaux - Le Pont de Suresnes - après 1847
Jean-Baptiste Carpeaux – Le Pont de Suresnes – après 1847
Elisabeth Vigée Le Brun - Portrait de la princesses Radziwill - 1801
Elisabeth Vigée Le Brun – Portrait de la princesses Radziwill – 1801
Elisabeth Vigée Le Brun - Portrait de la princesses Radziwill - 1801 (détail)
Elisabeth Vigée Le Brun – Portrait de la princesses Radziwill – 1801 (détail)
Georges Desvallières - Etude d'homme nu au turban - vers 1888
Georges Desvallières – Etude d’homme nu au turban – vers 1888
Pierre Carrier-Belleuse - Sur le sable de la dune - 1896 (vue partielle)
Pierre Carrier-Belleuse – Sur le sable de la dune – 1896 (vue partielle)
Pierre Carrier-Belleuse - Sur le sable de la dune - 1896 (détail)
Pierre Carrier-Belleuse – Sur le sable de la dune – 1896 (détail)
Odilon Redon - Anémones dans un vase bleu - après 1912
Odilon Redon – Anémones dans un vase bleu – après 1912
Lucien Lévy-Dhurmer - L'Appassionata - vers 1906
Lucien Lévy-Dhurmer – L’Appassionata – vers 1906
Lucien Lévy-Dhurmer - L'Appassionata - vers 1906 (détail)
Lucien Lévy-Dhurmer – L’Appassionata – vers 1906 (détail)

  Gérard LAURENT PHOTOGRAPHIES : Portes Ouvertes à L’Oeil du Huit du vendredi 17 au dimanche 19 novembre 2017


Portes Ouvertes Gérard LAURENT PHOTOGRAPHIES 2017

 

Revoici notre petit rendez-vous annuel, les Portes Ouvertes d’Anvers aux Abbesses, une association de peintres, sculpteurs, plasticiens, céramistes,  photographes, etc. L’occasion de découvrir des ateliers et des galeries et les artistes qui les habitent et les animent sur deux arrondissements : le neuvième et bien sûr le dix-huitième arrondissement.

Cette année, je vous ai mis de côté une sélection sur quinze ans de mes photographies préférées, parmi celles que je ne regrette pas trop d’avoir prises, présentées dans un nouveau format que j’inaugurerai pour l’occasion.

Et cette année toujours, c’est chez Emmanuelle GUTIERRES REQUENNE, dan sa galerie l’OEIL DU HUIT, que je vous attends dès le vendredi 17 novembre à 18 heures, jusqu’au dimanche 19 novembre à 20 heures.

Venez donc boire le verre de l’amitié et parler photos, j’en serai ravi.

Galerie l’Oeil du Huit
8 rue Milton
Paris 9e
Métro Notre Dame de Lorette

Vernissage le vendredi 17 novembre de 18h 21h
Exposition les samedi 18 et dimanche 19 novembre de 11 à 20h

A bientôt

Gérard LAURENT

. Téléchargez ici le PLAN DES PORTES OUVERTES 2017 d’Anvers aux Abbesses avec les adresses de tous les ateliers et les noms et disciplines de tous les artistes

. Visitez le site de  l’ ASSOCIATION D’ANVERS AUX ABBESSES

. Connectez-vous sur la carte interactive du parcours à noter sur votre portable ou votre tablette

https://drive.google.com/open?id=1FgAAYqqbgU2OmetJ63dCVQASkkw&usp=sharing


Ali Kazma : Souterrain – Jeu de Paume – jusqu’au 21 janvier 2018


Jeu de Paume
Ali Kazma  – Souterrain
17/10 / 2017 – 21/01/ 2018
L’expo sur le site du jeu de Paume

 

Ali Kazma au Jeu de Paume jusqu'au 21 janvier 2018

 

« Né à Istanbul en 1971, Ali Kazma est diplômé de la New School, New York, en 1998. Il vit et travaille à Istanbul depuis 2000.
Ayant recours dans son travail aux médias photographiques et filmiques, il parcourt la planète à la recherche de situations, de lieux et de bâtiments où entre en jeu l’aptitude de l’homme à transformer le monde. »

 

Il y a des expositions, parfois, qui vous frappent à l’estomac.

Je dois dire que je n’aime pas trop le mélange des genres et en particulier les performances vidéos  glissées parmi les expositions de photos. Très subjectif, ce sentiment ne mérite pas d’être justifié, c’est comme ça. Aussi quand, lors de ma visite au jeu de Paume pour la session d’expositions qui court jusqu’au 21 janvier 2018, je pénétrai dans l’espace réservé au photographe vidéaste Ali Kazma, ce fut avec beaucoup de prudence, pour ne dire beaucoup de réticence.

Et ce fut le choc. Immédiat. Les salles étant pourvues de suffisamment de banquettes pour visionner les oeuvres, je m’assis et regardai, fasciné, la première séquence intitulée Calligraphy (2013 – 6 min). Sur un écran de belle taille, sans musique sinon le bruit capté au tournage, une main taillait avec précaution un morceau de roseau ou de bois pour en façonner une plume. Ici tout va à son rythme et ce n’est pas un artifice de caméra. Si le geste est lent, la caméra capte cette lenteur comme elle capte le moindre détail de cette action a priori banale. Et quand enfin, l’encre déposée sur cette plume, elle touche le papier en une danse précise et majestueuse, on est comme hypnotisé par la beauté de l’action et conquis par la justesse de cette captation. Six minutes pour approcher au plus près une simple activité humaine, singulière sans doute, qu’est cette calligraphie là et ressentir que cette observation minutieuse et à ce point dépouillée  approche au plus près de son essence.

 

Calligraphy - 2013 - Ali Kazma     Calligraphy - 2013 - Ali Kazma

 

Car c’est là la singularité d’Ali Kazma : filmer les activités humaines dans leur déroulement quotidien et dans leur environnement, au plus près et dans leur rythme propre; lent lorsqu’elles le sont, effrénées lorsque c’est justement leur singularité.

Comme cet autre séquence, Clerck (2011 – 3 min 30s) où on voit un employé de bureau préparer soigneusement un liasse de feuillets administratifs puis leur appliquer, sur un tempo hallucinant, deux coups de tampon à chacun. Aucun commentaire, seulement la présentation de cet acte banal et virtuose.

Clerk - 2011 - Ali Kazma

 

Je fus comme beaucoup sans doute, à la fois subjugué par l’habilité diabolique de ces coups de tampon appliqués avec une folle rapidité, et sur la question non posée mais inévitable: Pour Quoi Faire?

Est-ce là le sujet d’Ali Kazma: interroger l’intervention de l’homme sur son environnement, à quelque niveau que ce soit, l’exposition magistrale de son habilité, de sa compétence, de  son savoir faire, de sa technicité extrême et laisser la réponse à d’autres, au spectateur sans doute?

 

Subterranean - 2016 - Ali Kazma  Subterranean - 2016 - Ali Kazma

 


Forêts Natales – Musée du quai Branly – jusqu’au 21/01/18


Exposition Les Forêts natales – Arts d’Afrique équatoriale atlantique
Musée du Quai Branly – Jacques Chirac
du 3 octobre 2017 au 21 janvier 2018

 

Les-Forets Natales - Arts d'Afrique équatoriale atlantique

 

Une exposition dont « Branly » a le secret et qui réjouira autant les amateurs de masques africains que les amoureux des formes et de symboles.

Il y a deux méthodes pour parcourir ce genre d’exposition : se munir du catalogue et passer de longues minutes devant chaque vitrine avec un calepin (comptez une ou deux semaines), ou, celle que je préfère, partir en voyage et se laisser embarquer dans de profondes rêveries par ces étranges et pourtant si familières figures tutélaires, ancêtres, fétiches, gardiens, etc. On peut aussi mixer les deux démarches, mais dans tous les cas succomber au plaisir d’une très belle et grande exposition.

Masque, Punu-Tsengi - République du Congo, République du gabon - 19ème sièce, début du 20ème (?) - Bois, pigents, kaolin
Masque, Punu-Tsengi

 

Masque-heaume, "Ngontang", Fang - République du Gabon 19ème siècle - Bois, pigments, fibres végétales
Masque-heaume, « Ngontang », Fang

 

Musée du quai Branly - exposition les forêts natales - Masque - Punu, République du gabon, 19ème, début du 20ème siècle - bois, polychromie blanche (kaolin) et rouge
Masque – Punu
Musée du quai Branly - exposition les forêts natales - Masque Punu-Tsengi - République du Congo, République gabonaise - 19ème, début du 20ème siècle - bois, pigments dont kaolin
Masque Punu-Tsengi

 

Une idée de la richesse de cette proposition d’ Yves Le Fur, commissaire de l’exposition?

 

LE PARCOURS DE L’EXPOSITION

SECTION 1 – Le Nord de l’Afrique équatoriale atlantique
1. Introduction : Une statuette de gardien de reliquaire de la région
de la rivière Sangha
2. Les statues d’ancêtres, gardiens de reliquaire des Fang
3. Les têtes d’ancêtres, gardiens de reliquaire des Fang de la région
Betsi
4. Les masques des Fang
5. Les masques des Kwele liés aux rites du beete
SECTION 2 – L’Est de l’Afrique équatoriale atlantique
1. Les masques des Kota
2. Les figures d’ancêtres, gardiens de reliquaire des Kota
3. Les Mbede
SECTION 3 – Le centre de l’Afrique équatoriale atlantique
1. Les masques du centre
2. Les figures de reliquaire ou d’ancêtres des Tsogo
3. Les piliers de cases rituelles des Tsogo
SECTION 4 – Le Sud de l’Afrique équatoriale atlantique
1. Le masque Punu-Lumbo
2. Les masques des Punu-Tsengi
3. Les masques noirs et blancs des Punu