Sabine Weiss : Une Vie de Photographe – Le Kiosque de Vannes –> 6 septembre 2020


Sabine Weiss : Une vie de photographe
Vannes – Le Kiosque
Exposition jusqu’au 6 septembre 2020 – Le Kiosque – Espace d’exposition dédié à la photographie (infos)
Quai Eric Tabarly -56 000 Vannes (carte)
expositions :Ouvert tous les jours : 10h-13h / 14h-19h – Entrée gratuite

Le site de Sabine Weiss

Juste après le déconfinement, ma première visite fut l’exposition du Kiosque de Vannes consacrée à Sabine Weiss . A ne pas rater si vous passez par le Morbihan.

« L’exposition « Sabine Weiss, une vie de photographe » a été spécialement recréée pour le Kiosque à partir de l’exposition réalisée par le Jeu de Paume et présentée au Château de Tours en 2016, sous le commissariat de Virginie Chardin, historienne de la photographie.

Cette exposition retrace le parcours artistique de Sabine Weiss à travers sept thèmes emblématiques du travail de la photographe : Paris, Les Etats-Unis, Enfances, l’Europe, la Mode, Portraits d’artistes et Solitudes.

En complément de l’exposition, une sélection de photographies sur la Bretagne des années 50 par Sabine Weiss sera présentée en grands formats à l’extérieur à côté du Kiosque. »

 

Rue Edmond-Flamand, Paris, 1952 © Sabine Weiss
Rue Edmond-Flamand, Paris, 1952 © Sabine Weiss
Romy Schneider, Paris, 1960 © Sabine Weiss
Romy Schneider, Paris, 1960 © Sabine Weiss
Les lavandières, Bretagne, 1954 © Sabine Weiss
Les lavandières, Bretagne, 1954 © Sabine Weiss
L’homme qui court, Paris, 1953 © Sabine Weiss
L’homme qui court, Paris, 1953 © Sabine Weiss
Feux de Bengale, Naples, Italie, 1955 © Sabine Weiss
Feux de Bengale, Naples, Italie, 1955 © Sabine Weiss
Enfant perdu dans un grand magasin, New York, 1955 © Sabine Weiss
Enfant perdu dans un grand magasin, New York, 1955 © Sabine Weiss
Anna Karina pour la marque Korrigan, 1958 © Sabine Weiss
Anna Karina pour la marque Korrigan, 1958 © Sabine Weiss

 

 

 

 

 


Les plus jolis de tous les masques!!


Et pendant ce temps là, Aubade continue de nous proposer chaque mois les plus jolis de tous les masques dont on puisse rêver!

En juillet par exemple, puisqu’il s’agit du calendrier d’Aubade, un masque aux allures de Rorschach, devant lequel vous avez tout le temps de rêver et de vous demander à quoi il vous fait penser…

Vous pouvez en consulter les autres illustrations ici : Le Calendrier Aubade 2020


Espace Beaurepaire – Art Cluster 10 du 23 au 28 juin 2020 | Exposition collective


Dans un esprit d’entraide, de soutien et de solidarité, L’Espace Beaurepaire accueille 12 artistes en résidence : des street artistes, artistes peintres, photographes, sculpteurs et plasticiens du 23 au 28 juin

ART CLUSTER 10  à l'Espace Beaurepaire du 23 au 28 juin 2020

Détails ici : Art Cluster 10 | 23 – 28 juin 2020 | Exposition collective

De mardi à samedi : 13h à 21h
Dimanche : 13h à 17h

Espace Beaurepaire
28 rue Beaurepaire
75010 Paris


Today’s picture : Blanche, Blanche… As-tu vu le Coronavirus?


Blanche, Blanche, dis-moi vite ce matin dans quel état j’erre?

Bon, les enfants et les plus de 70 ans, nous voilà confinés, mais pas ensemble, évidemment… Ce qui va me manquer dans les semaines à venir, c’est le métro, son odeur, ses promiscuités, et sa capacité à me conduire là où je veux.

Il va falloir retrouver mes ennuis d’enfance, ces longues périodes d’attente le front collé à la fenêtre… Ou peut-être, espoir, espoir, se décider enfin à quadriller le bois de Vincennes pour, cela n’est pas trop tôt, savoir précisément combien d’arbres y sont plantés… et se sauver dans les fourrés au moindre individu entraperçu pour éviter tout contact. Les arbres ne toussent pas et s’ils ont des virus, ce sont les leurs, chacun les siens.

Blanche, Blanche…


Ursula Schulz-Dornburg – Zone Grise / The Land in Between – MEP


Ursula Schulz-Dornburg : Zone Grise / The Land in Between
Maison Européenne de la Photographie
Exposition du 4 décembre 2019 au 16 février 2020
Maison Européenne de la Photographie (site)

5/7 rue de Fourcy Paris 4e (carte)
expositions : Ouvert du mercredi au dimanche de 11 à 20h

La Mep présente en cette fin 2019 une exposition importante de la photographe Ursula Schulz-Dornburg:  Zone Grise / The Land in Between.

Ce fut une découverte pour moi, en deux temps d’ailleurs : un recul d’abord devant ces photos austères, en noir et blanc sans personnages ou quand il y en a, immobiles, aussi immobiles que le paysage ou le décor qu’ils illustrent.

Je pensais en avoir fini avec ces photos mais j’y suis revenu lors d’une seconde visite, tant elles me revenaient en mémoire, comme insatisfaites de mon impression première. Et là j’ai reparcouru chaque série, avec attention, obstination presque. Photos parfaites, documentaires en ce sens qu’elles sont prises sans effet, à plat dirait-on, mais avec une rigueur et une justesse implacable.

Parmi les quelques photos données ici, remarquez celles de ces zones d’attente des arrêts de car, ces espaces où on attend d’aller ailleurs et où on est déjà un peu plus loin que le départ sans l’avoir vraiment quitté encore.

Toutes les photos de ces séries parlent de ces frontières imprécises, géographiques, mentales, politiques, environnementales parfois, qui marquent un déséquilibre immobile très déroutant. A voir et méditer.

C’est jusqu’au 16 février 2020


La verticale…


A propos de trains qui roulent, ou pas, une petite curiosité qui montre ce qu’il se passe quand on photographie un village depuis un train roulant à vive allure.

 


Pour nous rappeler que la verticale dépend avant tout de celui qui l’observe…

Dans sa fameuse photo déformée de la voiture de course, Jacques-Henri Lartigue faisait encore plus fort en photographiant une voiture en mouvement (d’où la déformation de la roue) , tout en suivant la voiture avec son appareil, donnant ainsi aux spectateurs immobiles une vitesse apparente de sens contraire et donc une déformation inverse. Trop fort!

Photo Jacques-Henri Lartigue (1912)

 


Paris Photo 2019 : Mari Katayama


PARIS PHOTO 2019
du 7 au 10 novembre 2019
Grand Palais, Avenue Winston Churchill
75008 Paris (
carte)
De 12h à 20h du jeudi 7 au samedi 9 novembre
De 12h à 19h le dimanche 10 novembre
Billet plein tarif semaine 30€ – Billet plein tarif week-end 32€
Billet After Work 25€ – Billet tarif réduit 15€
Catalogue 25 €

Mari Katayama (stand Galerie Sage C33)

Lieu prestigieux – le Grand Palais – galeries prestigieuses aussi, venant du monde entier, présence de la presse spécialisée et des éditeurs, prix d’entrée spectaculaire – 30 euros la semaine et 32 euros le week end-, ce grand rendez-vous que constitue Paris Photo reste fidèle à lui-même, indispensable et… comment dire, un peu superficiel.

J’entends déjà les haussements de sourcils (oui, oui on les entend bien) et les murmures (qui c’est celui là, il a une drôle d’allure ce mec là …), mais je m’ennuyais un peu en parcourant les allées sous la verrière du Grand Palais, digne à elle toute seule, heureusement, de justifier le déplacement.

Beaucoup de tentatives que je trouvais un peu désespérées d’être originales, photo de paysage prise à travers une boite de conserve, paysage et boite sans grand intérêt, photos sur pied de croisées à différentes heures de la journée et alignées comme à la parade (et comme la cathédrale de Rouen?), bref rien qui parvenait à m’émouvoir vraiment.

Et je tombai alors sur le stand de la galerie Sage et les photos sortilèges de Mari Katayama, photographe que je ne connaissais pas, alors qu’il semble bien que le monde entier la connaît, comme une recherche sur internet à mon retour dans mes pénates me le fit vertement savoir.

 

Premier choc : cette photo là .

On the way home #005 – 2016 – @ Mari Katayama Courtesy galerie Sage

Et juste à côté, une table avec une espèce d’amas de tissus et de dentelles, plein de bras et de mains difformes comme autant de tentacules, celui-là même dans lequel s’était glissé la jeune femme au visage grave et juvénile pour la photo.

Et tout de suite derrière une seconde photo prise sur un pont qui donne la clé tout en renforçant l’émotion du spectateur :

On the way home #001 – 1976 – @Mari Katayama Courtesy – Galerie Sage

Quelques photos encore pour vous donner envie, vraiment, d’aller sur le stand de la Galerie Sage admirer les photos de Mari Katayama.

Et enfin un extrait de la plaquette sur le stand de la Galerie Sage :

« Née avec des handicaps physiques, Mari Katayama qui présente son travail à la fois au Pavillon Central et à l’Arsenal de la Biennale de Venise 2019, a choisi à l’âge de neuf ans d’être amputée de ses deux jambes. Depuis elle a transcendé sa condition physique au travers des œuvres qu’elle crée, utilisant son propre corps comme une sculpture vivante.

Dans ses autoportraits photographiques, Mari Katayama explore les nombreux défis auxquels elle doit faire face du fait de sa condition physique et de son identité, essayant de retracer les souvenirs de ses frustrations enfantines. Katayama nous invite à prendre en considération sa propre réalité, essayant de nous amener à reconnaître les forces qui ont modelé son idéal esthétique physique. Les séries de photographies de Mari Katayama offrent une réflexion puissante sur les défis physiques et les peurs psychologiques auxquels elle doit faire face chaque jour. Ses travaux permettent au spectateur de s’associer émotionnellement à son monde dans lequel l’image d’un corps en morceaux et le phénomène des membres fantomatiques sont profondément ressentis.

Remarquablement, Mari Katayama n’a jamais eu l’intention de devenir une artiste. La photographie a été pour elle une façon d’avoir une conversation avec le spectateur et les objets en peluche incrustés de dentelle, de coquillages, de cheveux et de cristaux qui accompagnent souvent son travail n’ont  été créés que pour     son propre amusement.

Aujourd’hui son travail a été plus que remarqué par des collectionneurs et conservateurs (Simon Baker de la Maison Européenne de la Photographie en particulier) en Europe et en Amérique. »

Un ami m’a demandé pourquoi je n’avais photographié Mari Katayama… En fait je n’ai pas osé. Et à la réflexion, j’ai eu raison: cette jeune femme se photographie elle-même avec tant de choses à dire et de talent que ma pauvre photo n’aurait eu aucun sens, sauf peut-être d’être indécente.

 


CHINE 1948-1949 et 1958 – HENRI CARTIER-BRESSON


HENRI CARTIER-BRESSON – CHINE, 1948-1949 / 1958
Exposition du 15 octobre 2019 au 2 février 2020
FONDATION HENRI CARTIER-BRESSON
79 RUE DES ARCHIVES 75003 PARIS (carte)

Du mardi au dimanche : 11h – 19h
Plein tarif 9 € / Tarif réduit 5 €

 

Gold Rush. En fin de journée, bousculades devant une banque pour acheter de l’or. Derniers jours du Kuomintang, Shanghai, 23 décembre 1948. © Fondation Henri Cartier-Bresson / Magnum Photos

« Le 25 novembre 1948, Henri Cartier-Bresson reçoit une commande du magazine Life pour faire un reportage sur les « derniers jours de Pékin » avant l’arrivée des troupes maoïstes. Venu pour deux semaines, il restera dix mois, principalement autour de Shanghai, assistant à la chute de la ville de Nankin tenue par le Kuomintang, puis contraint de rester à Shanghai sous contrôle communiste pendant 4 mois, et quittant la Chine quelques jours avant la proclamation de la République populaire de Chine du 1er octobre 1949. »

Il y retournera en 1958 au moment du  lancement du « grand bond en avant ».

Cette superbe exposition rend compte de ces deux séjours avec 114 tirages
originaux de 1948-1949, 40 tirages de 1958, et de nombreux documents d’archives.

J’ai eu le privilège d’écouter François Hébel, le directeur du Centre, et Michel Frizot et Ying-lung Su, les commissaires de l’exposition, commenter le travail ayant permis de présenter ces photos, les planches contacts et les journaux de l’époque réunis dans une scénographie remarquable.

On a ici la conjonction d’événements exceptionnels dans un pays qui reste pour beaucoup un mystère et un objet de fascination, avec des contraintes (ou des atouts?) techniques que nous avons oublié, le tout photographié par un photographe hors du commun.

En regardant une des plus célèbres photographies « Gold Rush » et sa légende, il faut se souvenir que le photographe prenait ses photos et ne les regardait pas bien entendu : pas d’écran sur son appareil, pas d’ordinateur à l’hôtel et pas de développement sur place.  Notes, tapées à la machine le soir sur papier pelure, et pellicules étaient expédiées directement à New York où les photos étaient ensuite choisies et légendées par l’agence et fournies aux journaux et magazines qui en assuraient la mise en page, choisissaient les titres et les commentaires.

A ce propos, une des plus célèbres photographe de cette série est évidemment « Gold Rush » présentée plus haut, très intéressante puisqu’il s’agit de la 37ème photo d’une pellicule de 36, et que Henri Cartier Bresson n’avait pas documentée, incertain sans doute de l’avoir prise. La photo 36, très différente, ne permet pas d’identifier l’endroit ni les acteurs de la photo suivante avec certitude.  La légende de la photo a donc été écrite après le développement comme étant la plus probable…

On dit aussi que Henri cartier Bresson ne retouchait pas ses photos et c’est évidemment le cas pour toutes celles présentées ici : il ne les verra qu’à son retour en France et plusieurs mois après leur publication dans la presse.

Ce ne sont que quelques aspects passionnants de cette exposition qu’il faut aller voir dans les locaux magnifiques de la rue des Archives que la fondation occupe maintenant depuis quelques mois .

Près de la Cité interdite, un simple d’esprit dont la fonction est d’accompagner les mariées en palanquin, Pékin, décembre 1948. © Fondation Henri Cartier-Bresson / Magnum Photos

Cette photo était jusqu’ici présentée comme représentant un eunuque de l’ancienne cour impériale. Le terme anglais utilisé par HCB pouvant prêter à confusion, des recherches sur l’endroit exact de la prise de vue, les vêtements du personnage,  ont conduit Michel Frizot et Ying-lung Su à remettre en cause cette légende et à requalifier l’eunuque en simple d’esprit.

À l’entrée d’une taverne, Pékin, décembre 1948.
© Fondation Henri Cartier-Bresson / Magnum Photos

 

Deux vieillards lisent les journaux placardés dans la rue. Pékin, décembre 1948 (Epreuve/Print, ca 1970) © Fondation Henri Cartier-Bresson / Magnum Photos