Déconfinement inconsidéré


Cette petite affiche est assez ancienne (2014) mais elle m’a semblé appropriée à notre actualité, même si à l’époque j’avais plutôt pensé à l’Angélus de Millet…

A ma grande honte, je n’en connais pas l’auteur (de l’affiche pas de l’Angélus).

 


Today’s picture : Blanche, Blanche… As-tu vu le Coronavirus?


Blanche, Blanche, dis-moi vite ce matin dans quel état j’erre?

Bon, les enfants et les plus de 70 ans, nous voilà confinés, mais pas ensemble, évidemment… Ce qui va me manquer dans les semaines à venir, c’est le métro, son odeur, ses promiscuités, et sa capacité à me conduire là où je veux.

Il va falloir retrouver mes ennuis d’enfance, ces longues périodes d’attente le front collé à la fenêtre… Ou peut-être, espoir, espoir, se décider enfin à quadriller le bois de Vincennes pour, cela n’est pas trop tôt, savoir précisément combien d’arbres y sont plantés… et se sauver dans les fourrés au moindre individu entraperçu pour éviter tout contact. Les arbres ne toussent pas et s’ils ont des virus, ce sont les leurs, chacun les siens.

Blanche, Blanche…


Atelier des Lumières -Monet, Renoir… Chagall – Yves Klein


Monet, Renoir… Chagall – Voyages en Méditerranée
Yves Klein, l’infini bleu
Atelier des Lumières
du 28 février au 31 décembre 2020
38 rue Saint Maur 75011 Paris – 01 80 98 46 00 (carte)
ouvert tous les jours-Lundi au jeudi 10-18h – dimanche 10-19h – vendredis et samedis 10-22h
Attention, achat en ligne uniquement. Pas de billetterie sur place.
Billeterie ici

 

Bon, évidemment ce ne sont pas les oeuvres originales qui éclabousseront les murs et le sol, la musique est magnifique mais arbitraire, les gens sont affalés par terre, accroupis, assis sur les supports des colonnes pour les plus chanceux et des enfants jouent dans le noir à attraper des morceaux de couleurs qui s’échappent sans cesse… D’accord.

Mais franchement n’hésitez pas une seule minute et réservez une heure de votre temps : vous trouverez difficilement antidote plus efficace à la tristesse et au stress viral qui manque nous confiner chaque jour un peu plus.

« Monet, Renoir… Chagall. Voyages en Méditerranée »
© Culturespaces / Nuit de Chine
– Pierre-Auguste Renoir : Le Lavandou (détail), 1894, huile sur toile, collection
privée ; Claude Monet : Femme à l’ombrelle tournée vers la droite (détail),
1886, huile sur toile, 131 x 88 cm, Musée d’Orsay, Paris ; Antibes (détail), 1888,
huile sur toile, 65,5 x 92,4 cm, Samuel Courtauld Trust, The Courtauld Gallery,
London ; Palmier à Bordighera (détail), vers 1884, huile sur toile, 61,3 x 74 cm,
collection privée, Photo © Lefevre Fine Art Ltd., London –
« Monet, Renoir… Chagall, Voyages en Méditerranée »
© Culturespaces / Nuit de Chine
Photo : © Dominique Chauvet
Monet, Renoir… Chagall. Voyages en Méditerranée » © Culturespaces / Nuit de Chine
Monet, Renoir… Chagall. Voyages en Méditerranée » © Culturespaces / Nuit de Chine – Photo Gérard Laurent
Monet, Renoir… Chagall. Voyages en Méditerranée » © Culturespaces / Nuit de Chine – Photo Gérard Laurent
André Derain, L’Estaque, route tournante, 1906 huile sur toile, 129,5 x 194,9 cm Museum of Fine Arts, Houston, Museum purchase funded by Audrey Jones Beck, © Adagp, Paris, 2019, Photo: © Bridgeman Images

 


CÉZANNE ET LES MAÎTRES – RÊVE D’ITALIE – Musée Marmottan Monet


CÉZANNE ET LES MAÎTRES – RÊVE D’ITALIE
Musée Marmottan Monet
Exposition du 27 février au 5 juillet 2020
2 Rue Louis Boilly 75016 Paris (carte)
Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h

Quand j’ai vu le thème de cette exposition, j’ai vivement ressenti une onde de plaisir et d’impatience.
Alors que de sombres nuages semblent aujourd’hui nous menacer et restreindre progressivement notre capacité à découvrir, voyager, nous frotter aux autres et aux merveilles qui parsèment le monde et attendent de nous enrichir, Marmottan-Monet nous propose une plongée de couleur et de bonheur, de soleil et de délicatesse.

 

Jacopo Robusti, dit le Tintoret, La Déploration du Christ, vers 1580 – Huile sur toile, 104 x 137 cm – Paris, musée du Louvre, déposé au musée des beaux-arts de Nancy © Droits réservés
Paul Cézanne, Le Meurtre, vers 1870 – Huile sur toile, 65 x 80 cm – National Museums Liverpool, Walker Art Gallery – Purchased with the assistance of Art Fund in 1964 © National Museums Liverpool, Walker Art Gallery – Purchased with the assistance of Art Fund in 1964 Liverpool, Walker Art Gallery.

 

Jean-François Millet, dit Francisque Millet, Paysage classique Huile sur toile, 96 x 128 cm – Paris, musée du Louvre, dépôt au musée des beaux-arts de Marseille © Droits réservés
Paul Cézanne, La Montagne Sainte-Victoire, vers 1890 – Huile sur toile, 65 x 95,2 cm Paris, musée d’Orsay, donation de la petite-fille d’Auguste Pellerin, 1969 © Paris, musée d’Orsay, donation de la petite-fille d’Auguste Pellerin, 1969
Nicolas Poussin, Paysage avec Bacchus et Cérès, vers 1625-1628 – Huile sur toile, 102,5 x 133,3 cm – National Museums Liverpool, Walker Art Gallery. Presented by the Liverpool Royal Institution in 1948 – © National Museums Liverpool, Walker Art Gallery. Presented by the Liverpool Royal Institution in 1948.
Nicolas Poussin, Paysage avec Agar et l’ange, après 1660 Huile sur toile, 98 x 73 cm – Rome, Gallerie Nazionali d’Arte Antica.© Rome, Gallerie Nazionali d’Arte Antica di Roma Huile sur toile, 100 × 75cm.
Rome, Galleria Nazionale, Pal. Barberini.
Paul Cézanne, Château Noir, 1903-1904 – Huile sur toile, 73 x 92 cm Paris, Musée Picasso © Droits réservés
Paul Cézanne, Paysage en Provence, 1879-1882 – Huile sur toile, 54.7 x 65,5 cm Kanagawa, Pola Museum of Art © Pola Museum of Art
Ottone Rosai, Paysage, 1922 – Huile sur carton, 61,2 x 46,5 cm – Milan, collection Fondazione Cariplo © Milan, collection Fondazione Cariplo
Cézanne Paul (1839-1906). Paris, musée d’Orsay. RF2000-13.
Paul Cézanne, Homme assis, 1905-1906 – Huile sur toile, 64,8 x 54,6 cm Madrid, Museo Nacional Thyssen-Bornemisza © Madrid, Museo Nacional. Thyssen-Bornemisza
Mario Sironi, Ritratto del fratello Ettore, vers 1910 – Huile sur toile, 102 x 72 cm – Archivio Mario Sironi di Romana Sironi © Archivio Mario Sironi di Romana Sironi

 


Jean Cocteau – Préface à « Venise que j’aime » – 1951


Jean Cocteau

Préface à  “Venise que j’aime” – 1951

Où vit-on des danseurs au bout de feuilles mortes,
Tant de lions couchés devant le seuil des portes,
Tant d’aiguilles de bois, de dentelles de fer,
De dentelles de marbre et de chevaux en l’air ?
Où vit-on tant de fruits qu’on charge et qu’on décharge ?
Tant de Jésus marcher sur l’eau,
Tant de pigeons marchant de long en large
Avec habit à queue et les mains dans le dos ?
Où vit-on, d’un orteil, tenir sur une boule
Un homme armé d’un parchemin ?
Où vit-on labyrinthe encombré d’une foule
Qui jamais ne perd son chemin ?
Où vit-on flotter tant d’épluchures d’oranges,
Tant de ronds, de carrés, d’ovales, de losanges
Où vit-on des bustes charmants
Glisser, les bras tendus, sur le bord des terrasses ?
Où vit-on manger tant de glaces ?
Où vit-on des radeaux être de belles places ?
Où vit-on sur un pied dormir les monuments ?
Où vit-on un palais qui penche
Attendre quoi ? debout et le poing sur la hanche ?
Où vit-on sur lamer machiner un décor ?
Tant de filles en deuil et de dames blanches
Se mettre au carnaval une tête de mort ?
Où vit-on parcourir avec paniers et boîtes
Tant de porteurs légers qui n’ont que des mains droites ?
Où vit-on atteler des hippocampes d’or ?

 


Ursula Schulz-Dornburg – Zone Grise / The Land in Between – MEP


Ursula Schulz-Dornburg : Zone Grise / The Land in Between
Maison Européenne de la Photographie
Exposition du 4 décembre 2019 au 16 février 2020
Maison Européenne de la Photographie (site)

5/7 rue de Fourcy Paris 4e (carte)
expositions : Ouvert du mercredi au dimanche de 11 à 20h

La Mep présente en cette fin 2019 une exposition importante de la photographe Ursula Schulz-Dornburg:  Zone Grise / The Land in Between.

Ce fut une découverte pour moi, en deux temps d’ailleurs : un recul d’abord devant ces photos austères, en noir et blanc sans personnages ou quand il y en a, immobiles, aussi immobiles que le paysage ou le décor qu’ils illustrent.

Je pensais en avoir fini avec ces photos mais j’y suis revenu lors d’une seconde visite, tant elles me revenaient en mémoire, comme insatisfaites de mon impression première. Et là j’ai reparcouru chaque série, avec attention, obstination presque. Photos parfaites, documentaires en ce sens qu’elles sont prises sans effet, à plat dirait-on, mais avec une rigueur et une justesse implacable.

Parmi les quelques photos données ici, remarquez celles de ces zones d’attente des arrêts de car, ces espaces où on attend d’aller ailleurs et où on est déjà un peu plus loin que le départ sans l’avoir vraiment quitté encore.

Toutes les photos de ces séries parlent de ces frontières imprécises, géographiques, mentales, politiques, environnementales parfois, qui marquent un déséquilibre immobile très déroutant. A voir et méditer.

C’est jusqu’au 16 février 2020


La verticale…


A propos de trains qui roulent, ou pas, une petite curiosité qui montre ce qu’il se passe quand on photographie un village depuis un train roulant à vive allure.

 


Pour nous rappeler que la verticale dépend avant tout de celui qui l’observe…

Dans sa fameuse photo déformée de la voiture de course, Jacques-Henri Lartigue faisait encore plus fort en photographiant une voiture en mouvement (d’où la déformation de la roue) , tout en suivant la voiture avec son appareil, donnant ainsi aux spectateurs immobiles une vitesse apparente de sens contraire et donc une déformation inverse. Trop fort!

Photo Jacques-Henri Lartigue (1912)