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la mort à venise
Ninon JacquetOù pouviez-vous mourir si ce n'est à Venise,
Dans l'air épais et lourd des plages du Lido ?
L'amour avec la vie s'y éteint, glissando,
La ville, comme vous, très lentement s'enlise.Je n'ai pas oublié votre peau déjà grise,
La main qui retardait le tomber du rideau,
Sur votre joue vieillie un petit filet d'eau
Noir, mais vous refusiez encor de lâcher prise.J'entends le temps qui va, lent comme un adagio,
Un prénom qui s'envole au loin, si doux, Tadzio...
Votre regard noyé qui voudrait retenirA l'horizon pâli, tel un Donatello,
Fait de mille éclats bleus qui chavirent dans l'eau,
La grâce d'un bras blanc qui montre l'avenir.Ninon Jacquet
Sonnet extrait de La Doumka
©Ninon Jacquet 2004