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Le Jeu des Dames mortes


Philippe Bastin et Italo Locchi


QUATRIEME NUIT

Le Bateleur

 

 

Sur le Campo dei Mori, derrière le Palais dei Mori.Dino et Enzo, deux marchands ; on devine que leurs années de prospérité sont passées depuis longtemps. Ils assistent à une procession dont on ne perçoit que les bruits : rumeur et cris d'enthousiasme de la foule, trompettes et cymbales, sabots des chevaux claquant sur le pavé luisant. Dans le dos des marchands, on aura remarqué, présence insolite et invisible, la fille en noir progressant lentement, d'une démarche hiératique, et à contresens du cortège de fête ; comme la Flora de Pompéi, elle jette des poignées de fleurs.

masque de Italo Locchi

Dino : Ca nous coûte quand même pas mal de ducats, cette fête des douze Marie...

Enzo : Oui, mais quel résultat ! Ca ne te réjouit pas le coeur, toi, tous ces drapeaux, ces oriflammes, ces trompettes étincelantes, ces costumes immaculés, ces robes de dentelles et de perles moulant des corps de femmes merveilleuses ?

Dino : Quand même ! Tout cela parce qu'il y a bien longtemps, les Uschochs venus de Dalmatie nous volèrent nos filles et nous les rendirent souillées dans leur vertu et leur honneur, et que le patriarche de Venise, attendri, décida de doter généreusement ces malheureuses pour qu'elles trouvent quand même chaussure à leur pied !

Enzo : Et quoi ? N'est-ce pas une noble et généreuse idée que nous, les marchands de Venise, avons eue de doter chaque année en souvenir douze enfants trouvées qui portent le nom de Marie ? Regarde ! Les voici, nos douze Marie ! Elles sont superbes ! Que ne suis-je l'un des heureux époux !

Dino : C'est vrai qu'elles sont jolies, les filles pauvres de notre peuple.

Enzo : Vise un peu leurs petits nez impertinents, leurs boucles blondes, leurs lèvres roses et mutines, leur sourire câlin ! Elles sont belles, et elles le savent ! Et leurs seins ! Ah ! tous ces nichons qui frétillent au rythme du pas cadencé des chevaux, là devant nous, impunément, conscients qu'ils ne risquent rien à se montrer ensemble, vu que les hommes, comme l'âne de Buridan, mourraient d'abstinence et de désespoir avant d'avoir pu choisir laquelle de ces douze poitrines caresser ?

Dino : Tais-toi donc, vieux bigleux ! Tu n'es pas honteux de parler ainsi ? Contente-toi de regarder, rame de galère. Tu sais bien que, tu me permettras ce jeu de mot vulgaire, ces jeunesses-là ne sont plus à la portée de ta bourse ni de tes bourses...

Enzo : Bah !

Dino : Et puis, ces filles, sainte Anne nous garde,il suffit de toucher la poignée de leur porte, et elles sont déjà enceintes !

Enzo : On peut rêver, non ? Les voilà parties ! Plus qu'une année à patienter, jusqu'à la prochaine fois... (Un temps) Si nous reprenions notre jeu, Dino ?

Dino : Non. J'en ai assez. Tu triches tout le temps.

Enzo : Pas toi ? Mais qu'allons-nous faire, si nous cessons de jouer ? Depuis que nos amies du Traghetto del Anzolo ont été chassées de Venise, nous nous morfondons comme des rats.

Dino : Tes amies. Pas les miennes. Et ne me parle pas de rats, je t'en prie. Ces sales bêtes me donnent froid dans le dos. As-tu remarqué comme elles pullulent à nouveau ?

Enzo : Encore tes idées noires, Dino. Mais regarde plutôt ce beau pigeon qui arrive. Je vais lui jouer sa veste brodée. (A Rinaldo) Hola, messire, une petite carte ?

Rinaldo : Je suis piètre joueur. Et puis je n'ai pas le temps de m'amuser.

Enzo : Pas le temps ? Quelle besogne urgente peut bien encore vous accaparer à cette heure où la Sérénissime se plonge avec délectation dans le plaisir et l'insouciance ?

Rinaldo : Je cherche Lucia, ma fiancée.

Enzo : Et bien ! Voilà un enjeu convenable ! Jouez la briscola avec moi. Si vous gagnez, je vous aiderai dans votre quête ; si vous perdez, je me contenterai de votre veste brodée, qui n'est certainement pas la seule que possède un jeune garçon de votre qualité.

Dino : Allons, joue, petit. Mon compagnon est habile, mais ta Lucia vaut bien une veste.

Rinaldo : Et Paris vaut bien une messe ! D'accord, marchand, jouons ! Mais pas de ruse : si je gagne, tiens ta promesse !

Enzo mêle les cartes et les fait couper à Rinaldo. La partie de briscola s'engage.

Enzo : Ca ira à deniers.

Rinaldo : Voilà ! Je prends ton cheval avec le roi de bâtons.

Enzo : Ce n'est rien ! Regarde, je veux bien t'en donner encore. Tiens, le valet de coupe !

Rinaldo : Je dois bien refuser ça. C'est à toi.

Enzo : Et l'as ? Où crois-tu qu'il se cache ? Au fond du tas ?

Rinaldo : Si tu me le demandes, c'est parce que tu ne l'as pas vu, ou au contraire, parce que c'est toi qui caresses déjà sa pointe.

Enzo : Renifle un peu mon trois d'épée, avant que je ne te tranche le lard avec !

Rinaldo : Misère ! Tu auras aussi l'avant-dernière prise !

Enzo : Sacrebleu ! Ce n'est pas vrai ! Il a l'as de damiers ! Je suis fichu, Dino !

Rinaldo, jetant ses dernières cartes sur la table : Gagné ! J'ai gagné ! Où est-elle ? Rends-la moi, marchand !

Enzo : Tout doux, mon prince ! Je n'ai pas promis de te la rendre. Juste un renseignement.

Rinaldo : Donne, alors. Dépêche-toi !

Enzo : Tu ne la retrouveras pas : elle a été enlevée !

Rinaldo : Enlevée ? Par qui ?

Enzo : Par le seigneur Antonio Rioba !

Rinaldo : Qui est ce misérable ?

Dino : Tu ne connais pas Tonio Rioba, le marchand de fils et de tissus d'Orient ?

Enzo : Tu ignores que les plus belles jeunes filles qui entrent dans sa boutique se retrouvent parfois en Alger, ou plus loin encore ?

Rinaldo : Mais... par quelle sorcellerie ?

Enzo : Tu ne comprends pas, malheureux ? Cet homme est le Diable! Il vend ces pauvres enfants, ou les échange contre ses étoffes. Sinon, comment expliquer qu'un simple marchand de broderie ait pareille enseigne à Venise ?

Rinaldo : Vous mentez ! Lucia n'a certainement jamais mis les pieds chez ce Tonio Rioba. Elle se fournit chez les commerçants les plus respectables de la ville, pas chez les brigands. Je savais bien que je perdais mon temps à vous écouter. La nuit est encore longue. Je vais la retrouver. (Il sort)

Dino : Pourquoi ces mensonges, Enzo ?

Enzo : Je te retourne la question, Dino : pourquoi pas ?

Dino : La détresse d'un jeune amoureux ne t'émeut pas ?

Enzo : M'émouvoir ? Si, elle m'émeut... Mais est-ce une raison pour ne pas s'en amuser ? Et puis, il reverra sa belle. Venise n'est pas si grande, et la lagune rend toujours les corps qu'on lui jette. Méconnaissables parfois, mais elle les rend.

Dino : Tu crois que cette demoiselle...

Enzo : Si je te disais que c'est moi qui l'ai noyée après avoir abusé d'elle à plusieurs reprises, me croirais-tu ?

Dino : Non. Tu n'en es pas capable. Tu es né sous une bonne étoile : j'ai vu la vieille Gianna te tirer les cartes.

Italo LocchiEnzo : Tu as raison. Mais avoue que ce serait bon d'aller une fois à l'encontre de sa destinée.

Dino : Même au prix d'une vie ?

Enzo : Surtout au prix d'une vie ! D'une vie... et d'un hymen. Enfin, d'autres s'en chargeront pour nous, si ce n'est déjà fait. (Un temps) Depuis quand n'as-tu plus touché de chair fraîche, Dino ?

Dino : Depuis très longtemps. La dernière fois, c'était en Egypte.

Enzo : Tu regrettes l'Egypte, n'est-ce pas ?

Dino : Quand, au port, on décharge les navires qui arrivent de là-bas, et que se répandent sur le quai toutes les odeurs fortes des fruits et des épices, je deviens fou. Mon sang bouillonne dans mes veines, la tête me tourne, je serre les poings à en blesser mes paumes, et si je ne craignais d'être enfermé par la police du doge, je hurlerais si fort qu'on m'entendrait à Rome.

Enzo : Et tu la vois devant toi ?

Dino : Qui donc ?

Enzo : Halima.

Dino : Comment connais-tu son nom ?

Enzo : Tu sais, Dino, depuis que les fameux événements nous ont forcés à vivre sous le même toit, il n'est pas une nuit où tu n'aies prononcé son nom dans tes rêves agités.

Dino : Si tu l'avais connue, Enzo ! Si tu avais caressé sa douce peau cuivrée, ses longues jambes de gazelle, son ventre comme aucun artiste grec n'en a sculpté, et ses seins, les plus beaux sans doute dont femme ait jamais été parée. Ce sont ces fruits-là qu'Adam a cueillis au Paradis terrestre, et même Dieu se serait damné pour de si parfaites rondeurs. Elle m'aimait, Enzo ! Et puis un matin, elle a disparu...

Enzo : Tu ne l'as plus revue ?

Dino : Non.

Enzo : Et chez Dona ?

Dino : Tu sais cela aussi ? Quand le bruit a couru en ville qu'une déesse venue du désert était arrivée chez Dona, et qu'elle faisait tourner la tête à tout ce que Venise comptait de puissant, de riche et de couronné, mille fois j'ai voulu aller la voir. Mais j'ai eu peur que ce soit elle. J'ai eu peur de la revoir vêtue seulement de bijoux, avec une fausse lueur lubrique au fond de son regard de braise.

Enzo : Et maintenant ?

Dino : J'ai vieilli. Elle aussi, probablement. J'ai préféré vivre avec le souvenir, comme ce pauvre garçon devra bien s'y résoudre.

Revient Rinaldo, l'air hagard et terrorisé.

Enzo : Et bien, garçon ? Qu'est-ce qui t'arrive ? As-tu rencontré un pestiféré ?

Rinaldo : Là ! D'affreuses créatures ! Elles me poursuivent !

Une cohorte de prostituées, hauts talons et jupe fendue, outrageusement maquillées et lourdement perruquées, font une entrée triomphale et bruyante.

Enzo : Ho ! Vous êtes de retour, les filles ? Mais par quel miracle ?

Nena : Un miracle ? Et tous ces marins qui nous arrivent chaque jour de tous les lieux perdus de la terre, après parfois une année entière de navigation et d'abstinence, y penses-tu ?

Catega : Crois-tu que tous ces mâles en rut lâchés sur les quais comme des taureaux pouvaient ainsi longtemps tourner en rond en hurlant à l'amour ?

Rosega : Tu les vois, toi, nos bonnes dames de la noblesse vénitienne, ouvrir leurs jupes pour se réchauffer les cuisses la nuit, sur les marches de la Scuola de San Rocco ?

Nena : Ou se dandiner sur la promenade de Castelforte aux Carampane, pour ramasser tous ces braves et les contenter au-delà de leurs exigences, sans pudeur ni remords ?

Rosega : C'est tout juste s'ils ne nous ont pas supplié de revenir, avant que les poudres n'explosent à l'arsenal, tous ces pontes du Sénat qui s'étaient mis en tête d'expurger Venise de son stupre...

Catega : ... pendant qu'eux-mêmes continuaient au fin fond de leurs palais à se vautrer sans retenue dans la débauche la plus innommable !

Gianna : Si vous aviez vu leurs têtes quand nous avons rappliqué! Ca valait bien tous les tapis rouges du monde !

Enzo, à Rinaldo juché sur un tonneau : Tu n'as rien à craindre, petit. Reste donc avec nous, je crois que ça te fera du bien. Mais je te préviens : ici, c'est la "sérénissime putréfaction" ! Bas les masques ! D'ailleurs, avons-nous besoin de masques ? Nos trognes sont laides, mais elles sont vraies. La vérité est laide, mais nous au moins, nous assumons notre vérité, nous nous en repaissons, sans fausse honte. Les autres, les grands, ils ont choisi de cacher leur maladie derrière des masques dorés, et pour être certains de bien dissimuler leurs vies et leurs vices, ils se réfugient aussi derrière les façades, dans le noir, le vide, le froid et l'humidité. Et sous leurs masques, ils sont eux-mêmes vides, froids et humides !

A ce moment, une musique de danse s'échappe du Palais dei Mori. Un bal vient de commencer.

Enzo : Ecoute ! Ils dansent ! Ils appellent ça le menuet ! Sais-tu pourquoi ? Parce que leurs femmes ont de menus pieds, de menues hanches, de menues fesses et de menues poitrines ! Sont-ils ridicules ! "Tendez le jarret, que diable !"

Profitant de la musique, le groupe des prostituées et les deux marchands se lancent dans une parodie de menuet, accentuant pas et gestes d'une manière grotesque. Rinaldo est horrifié. L'une des filles s'est approchée de lui.

Gianna : Et ce jeune homme, là, il ne danse pas ?

Rinaldo : Laissez-moi tranquille !

Rosega : Et bien, mon puceau ? Qu'est-ce qui t'arrive ? Tu as besoin d'être déniaisé ? Alors, abandonne-toi dans mes bras

Nena : Ah non, Rosega ! Il est pour moi, ce beau petit oiseau !

Gianna : Tu permets ? Je l'ai vu avant toi !

Nena : Oui, bon, ceci dit...

Rosega : Quoi donc, Nena ?

Nena : Va savoir ! Il y en a quand même pas mal qui sont plutôt pour l'autre parti.

Gianna : Tu veux dire qu'une si gaillarde figure, qu'un si bon morceau d'homme pourrait nous mépriser parce qu'il aime la viande de cochon ?

Nena : Oh ! ça ne m'étonnerait pas qu'il appartienne à la compagnie platonienne des jeunes de la Calza, qui sont tous, à proprement parler, des sodomites solennels !

Catega : Tu crois ? Moi, j'ai bien envie d'essayer. Une si belle plante ! Quel nectar ça doit être !

Dino : Ce garçon a perdu sa Lucia, Catega.

Catega : Ah bon ? Lui aussi ? La belle affaire ! Moi, jadis, j'ai perdu mon fiancé. Ou plutôt, c'est lui qui m'a perdue. Il te ressemblait. Je l'ai cherché partout, longtemps, dans les ruelles les plus sombres. Et voilà où on aboutit quand on ne trouve pas la bonne sortie.

Gianna : Laisse tomber cette traînée de Lucia, petit. C'est une femme que tu cherches ? Mais les femmes n'existent pas, malheureux ! Il n'y a que des femelles !

Rosega : Cessez de l'accabler, le pauvre. Quel est ton prénom ?

Rinaldo : Rinaldo.

Rosega : Viens, Naldo, je vais te la montrer, ta Lucia.

Rinaldo : Comment ? Tu sais où elle est ?

Rosega : Bien sûr ! Elle est là derrière ! Elle nous est arrivée ce matin, fraîche et pure comme une eau de source, aussi frémissante et effarouchée que moi la première fois que...

Gianna : Comme c'est loin déjà !

Nena : Oui, on a peine à croire que cet enfant sera peut-être bientôt la plus vicieuse d'entre nous, celle que tous les matelots s'arracheront, celle dont la réputation s'étendra jusque dans les plus petits ports des colonies !

Rosega : Comment ? Je suis toujours là, moi, et je ne tiens pas à me faire détrôner de si tôt.

Catega : Oui, mais toi, tu n'as plus la jeunesse.

Rinaldo : Je peux la voir ?

Malgari, vieille prostituée, vraisemblablement mère maquerelle : On regarde, mais on ne touche pas : elle est réservée au seigneur Rossi. Il ne consomme que des vierges, le vieux saligaud !

Rosega : Lucia ? Devine qui est là ?

Rinaldo : Non ! Je refuse de te suivre ! Ce n'est pas elle ! Ce n'est pas possible !

Gianna : Mais si, tout est possible, avec l'argent ! Tout s'achète et tout se vend, à Venise !

Rinaldo : Tout, sauf l'amour !

Gianna : L'amour ? Mais il est trop tard, pour l'amour ! L'amour, c'était il y a trois nuits. Tu ne te souviens déjà plus ?

Rinaldo : Ce n'était pas l'amour ! C'était factice. C'était un théâtre !

Nena : Un théâtre ? En es-tu certain ?

Rinaldo : Ils me demandaient tous de jouer mon rôle, et je n'en connaissais pas le premier mot !

Catega : Ton rôle était de la perdre : n'est-ce pas ce que tu es en train de faire, nuit après nuit ?

Italo LocchiRinaldo : Non ! Elle n'est pas perdue ! Un marchand est sur le point de l'emmener en Alger ! Je vais de ce pas la lui racheter!

Il s'enfuit en courant, désespéré.

Enzo : Tu vois, Dino ? Comme toi jadis, ce jeune prince a eu peur de la vérité. Il ne reverra jamais sa belle.

A ce moment, l'un des nobles participant à la fête (qui bat son plein) met le nez à la fenêtre du palais, et constate que les prostituées sont de retour.

Le noble, vers l'intérieur : Elles sont revenues ! Venez voir, elles sont revenues !

Plusieurs de ses compagnons apparaissent. Cris, ovations.

Gianna : Et alors ? Qu'est-ce que vous attendez pour descendre ? Vous allez rester longtemps comme des perroquets sur leurs perchoirs ?

Les nobles : Nous accourons, mesdames, nous accourons nous jeter à vos pieds !

Ils descendent. Liesse collective. Tous entament une gigue endiablée. A l'écart, la dame en noir observe la scène.


Un grand merci à Philippe Bastin pour ce texte. Il écrit:

"Le Jeu des Dames mortes est le titre d'une pièce que j'ai écrite avec mon ami Italo Locchi, un fabricant de masque originaire de Venise qui est hélas décédé. L'intrigue en est simple : pendant le Carnaval de Venise, le jeune Rinaldo perd sa fiancée Lucia dans la foule. Il passe le reste de la fête à la chercher désespérément, errant dans les recoins de ce grand vaisseau de pierre, au hasard des rencontres, notamment d'une mystérieuse femme en noir. Au bout de sa quête, la mort." (Philippe Bastin).

Philippe Bastin peut envoyer le texte complet de la pièce à qui le lui demandera via son site web.

Ce texte illustre la fameuse anecdote de l'enlèvement des douze marie dont chaque année Venise commémore le souvenir, la veille de l'ouverture du Carnaval.


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