On dit un malaise vagal et des malaises vagaux, mais vagaux c'est moins beau, même si c'est plus rigolo. On dit vagal quand tout commence à devenir un peu vague, mais on ne dit pas un malaise vagual. Rien à voir donc avec le vague à l'âme, ni la vague qui sans cesse bat les galets...
Dans le rer et le métro, les gens font juste des malaises, rarement vagaux, en tout cas le conducteur ne le précise pas.
Tous ces communiqués qui se croisent, ça fini par donner le tournis..., pas au point d'en avoir un malaise mais tout juste.
"On annonce que Nicolas Sarkozy a fait un malaise vagal en courant en plein soleil pour faire l'intéressant. Par son comportement, il a réussi à mettre fin aux vacances du premier ministre françois Fillon qui venait juste de retrouver ses espadrilles planquées au fond de sa valise et qui a du rentrer à Paris dare-dare. Il aurait marmonné des choses peu compréhensibles sur les gens qui prennent plaisir à inventer n'importe quoi pour pourrir la vie des autres et bousiller leurs vacances... On se perd en conjectures sur cette réaction. Le président a été mis en garde à vue au Val de grâce..."
...
"On annonce que monsieur Durandet a fait un malaise vagal dans le train stationné à Chatelet-les-Halles. Par son comportement, il a réussi a bloquer toute la circulation sur la ligne A. Il a été nettoyé par le service d'éradication des retards. Ses cendres seront remises à ses proches si la demande en est faite dans les dix heures. Sinon, elles serviront à fertiliser les jardins du Val de Grâce. Ce sera la première fois que Monsieur Durandet sera utile à la collectivité... En outre, ses espadrilles seront confisquées."
C'est à ce moment là que le capt'ain Cap m'a demandé ce que j'avais fumé en découvrant un gros coin de moquette coupé ras dans le salon... C'est vagal, j'ai répondu, c'est vagal...
Quel coup : pas de billeterie, pas de femmes de ménage à payer le dimanche pour nettoyer la salle, pas d'hôtel, pas de gardes du corps, rien que du buzz, coco!
Cela aura fait en tous cas une pub formidable, à l'Olympia, à Prince, aux agence people, à la Panse de l'Ours, aux radios qui ont commenté le non événement, interrogé des experts, organisé des débats, à tout le monde, et même aux majors du disque qui en ont profité pour pousser en avant leur chanteur et ses derniers enregistrements parce que Prince, lui, il est toujours vivant, c'est ça le problème...
Nobody is perfect.
On annonce pour le remplacer le Prince de Sans Mélé, ou encore le prince de Perse...
Oasis attaque la ville et les parents rétifs avec Rubberduckzilla
On dit parfois que la publicité est le reflet de l'état de nos sociétés.
Je ne sais pas mais regardez donc cette petite vidéo et faites-vous votre opinion. Il y a un peu tout là-dedans : des jeunes collégiennes en chaussettes et jupettes, une chorégraphie gustative suggestive, un fond d'alerte et de désastre, une bonne dose de dérision, de l'humour potache et une efficacité certaine.
Quand les médias n'ont rien à donner en pâture à leurs abonnés affamés de sexe, de news diverses, de scandales, de peoples vautrés dans l'orgie de partouzes pleines de lignes de coke et de figures kamasoutriennes, que faire?
On scrute le télex muet (image d'un âge figé dans les souvenirs de quelques reporters et de rédac-chefs au bord du bocal de formol) et on se désespère.
Pas de gros titre, alors?
On n'a pas tous les jours un bon procès bien dégueu, un bon fait divers dont se délectaient des journaux formidables qui inondaient les kiosques de unes sanglantes et sordides, et dont les journaux satyriques, quand il en existait encore, se délectaient avec des parodies du genre "elle émascule son frère avec ses dents pendant que sa mère le tient".
Rien ne vaut alors un bon démenti.
Par exemple : on prend n'importe quelle annonce, on la développe et on finit par affirmer tout de go que cette affaire là a été montée de toutes pièces en omettant surtout de dire que celui qui l'a montée, c'est le rédacteur lui-même.
Travaux pratiques : qu'est-ce qui intéresse les gens, maintenant que le soufflé de la mort de Michael Jackson commence à retomber... Ben on pourrait peut-être faire courir le bruit que le père du chanteur aurait le projet de former un groupe avec les enfants de l'idole défunte... et se dépécher de démentir formellement.
C'est tout bénef, ça fait deux nouvelles d'un coup : l'annonce de la formation du groupe, l'annonce du démenti.
Dommage, remarquez, on dit que Disney était prêt à signer un contrat béton... Ah, non! on me signale en cabine qu'un démenti formel vient de tomber et que Disney n'était même pas au courant!
Autre news que j'adore : Vous prenez un festival bien pèpère à la renommée dure comme du béton armé, genre les Vieilles Charrues. Vous mélangez avec Lily Allen, star britanique pop, et même électro-pop, c'est dire, et vous montez en maillonnaise les déclarations outrées des organisateurs du festival qui regrettent que la star ne soit pas venue au festival sans même s'excuser, alors que la star en question, sur son blog, dément formellement avoir été invitée.
Cela fait une bonne pub aux deux parties, sans dépenses inutiles; un peu comme les annonces de mariage qui précèdent de peu les annonces de rupture : pas de frais, pas besoin même de sortir ensemble, gagnant-gagnant coco!
A propos, une rumeur enfle en ce moment sur le net : La Panse de l'Ours serait subventionnée par l'Elysée, la meilleure preuve, c'est que son rédacteur en chef avait été invité à la réception du 14 juillet par Carla bruni qui aurait convaincu son mari, et que s'il n'y est pas allé, c'est parce qu'il est resté coincé dans l'ascenseur du parking au moment où il s'apprêtait à enfourcher sa Harley pour s'y rendre avec son casque, ses bottes de moto et son aigle dans le dos.
Avouez que c'est pas de bol. Quant au démenti de l'Elysée, ça ne trompe personne, hein?
Art de rue : trois affiches de Paul Bloas sur le canal
L'autre dimanche, je déambulais gravement sur les bords du canal. Aussi gravement que songeait le lièvre en son gite, c'est dire!
Il faisait beau, des chorales avaient envahi les lieux pour Voix Sur Berges, Vania et son orgue de barbarie accompagnait, si je me souviens bien, un groupe vocal au doux nom des "Hérissons", une expo de photos contemporaines sympa (l'expo, pas toutes les photos, mais beaucoup quand même) attendait le promeneur exténué au 80 quai de Jemmapes, dans un lieu que ne connaissais pas sauf pour avoir vu sur son mur, de temps à autre, des pochoirs formidables...
C'est en remontant vers le Point Ephémère que j'ai repéré ces trois affiches. Superbes.
Je n'en connaissais pas l'auteur... mais aussitôt postées, la réponse est arrivée comme une évidence : il s'agit d'oeuvres de Paul Bloas. Le talent, c'est très difficile à cacher et j'avais bien raison d'être tombé sous le charme de ses affiches-là. Merci brin d'Amour pour la précision!
Alors... pour ou contre le viol? A chacun son style...
Deux campagnes, deux clips, deux approches : Nina Roberts/2laloose d'un côté et Clara Morgane/KanCnon de l'autre... Moi, très franchement, je préfère le premier.
Je comprends bien le message porté par Clara Morgane, aguichante à souhait, qui cherche à nous nous faire comprendre que ce n'est pas parce qu'une fille vous ouvre la porte à moitié nue qu'il faut se jeter sur elle plutôt que sur l'évier qui fuit dans sa cuisine, mais je trouve celui de Nina Roberts plus convaincant : le viol est une violence et il n'y a rien d'aguichant à cogner une fille et à se se vautrer sur elle comme une bête.
Inutile de voter, je ne comptabilise ni les pour ni les contre....
Vous avez voté très nombreux et voici donc les résultats :
Vous êtes quatre vingt pour cent à préférer :
un produit de qualité vendu moins cher
Etonnant non?
15 pour cent sont d'un avis contraire
cinq pour cent n'ont pas d'opinion.
Ps. J'ai un copain, qui se reconnaîtra, qui voudrait les coordonnés des 15 pour cents qui préfèrent un produit nul vendu très cher. Il démarre dans le commerce et, tant qu'à faire, il aimerait se faire la main sur une cible marketing plus facile... Comme vous m'avez laissé votre mail avec votre vote, je vais lui vendre la liste, il n'y a pas de petits profits.
A propos de sondages, l'autre soir sur une chaine radio qui interroge les z'auditeurs, ils accompagnaient leur émission d'un sondage sur leur page web et demandaient de voter pour ou contre la retraite à 67 ans en précisant bien que "ce sondage n'a pas de valeur scientifique et ne reflète que l'opinion de ceux qui ont choisi d'y répondre"
Avec un peu de réflexion, on en concluait que les enfants n'ont pas d'opinion, que les seniors et ceux déjà en retraite sont plutôt pour surtout si ça a pour effet de ne pas faire baisser le montant de leur pension, que ceux qui ont commencé à travailler à seize ans sont farouchement contre en particulier ceux qui ont déjà 180 trimestres cotisés et qui en ont plein le dos de se coltiner des sacs de plâtre.
Re Ps. Mon copain toujours le même, aimerait embaucher d'urgence en CDI un gars de 57 ans, dynamique et en pleine forme physique pour un travail assez pénible et qui accepterait de gagner des clopinettes.
Il faudrait aussi qu'il soit assez porté sur l'alcool pour planquer du scotch dans son vestiaire et pouvoir être licencié sans préavis pour faute grave.
Le CDI vachement précaire, il n'y a que ça de vrai.
Après plusieurs mois d'interruption, et sans préavis, France3 vient de reprendre la diffusion des derniers épisodes de la dernière saison de Nypd, la saison 12.
Mais comme leur diffusion avait cessé également sans préavis, en décembre 2008, c'est cohérent.
Cette série américaine, ancienne maintenant, est un peu la mère des séries policières américaines et je dois dire que la vie de ce commissariat un peu crasseux où les policiers n'ont aucun batonnet dans leur poche de veste et ne ramassent aucune rognure d'ongle ni de morve sur les mouchoirs pour en prélever l'adn est assez rassurante.
Non, le plus dur, ce fut le décès du gars qui doublait l'inspecteur Sipowicz, l'anti-héros de la série, un quinquagénaire un peu râleur, un peu bedonnant un peu chauve, un peu raciste et alcoolique repenti.
C'est comme si on vous avait changé le personnage. C'est peut-être pour ça que France 3 a interrompu ses diffusions : le temps qu'on oublie la voix du précédent pour s'habituer à la voix du nouveau. Des malins sur France 3...
France 3, les lundi, mardi, jeudi et vendredi à 0h20
(Les puristes prétendront que c'est les mardi, mercredi, vendredi et samedi... mais bon, sur les programmes de votre journal, les programmes de la nuit sont regroupés avec ceux de la journée qui précède...vous me suivez? C'est comme votre gamin que vous croisez le matin au petit déjeuner : il finit sa journée de la veille et va aller se coucher alors que vous, vous commencez la journée de son lendemain...)
Hier, j'étais parmi les heureux participants du jeu "Je regagne la gare du nord en moins de dix minutes", le grand jeu qui fait fureur en ce moment.
L'épreuve avait été organisée par le consortium Ratp-Sncf-Bémol au départ des Halles.
Un jeu plein de suspens et de difficultés, où il faut chosisir entre le métro par la 4 (orléans-clignancourt), ou le rer par la B. D'autres parlent aussi de course à pied par sébastopol, mais hier il faisait trop chaud ou du vélib, mais pour en trouver un à proxmité des halles, il faut vraiment anticiper le départ de plusieurs heures ou faire comme mon copain qui retourne toutes les selles, code pour indiquer que le matos est en panne et qui, pour assurer vraiment, colle une pastille rouge sur le voyant vert, comme ça personne ne lui prend son biclou qu'il a eu tant de mal à régler à sa taille.
Chaque jour, ce jeu rassemble des milliers de participants et malgré les difficultés et l'absence de récompense, sa popularité ne se dément pas. Il faut dire que l'épreuve est palpitante.
Palpitant, c'est exactement ce que pensait la petite mamie, coincée debout entre deux grands gaillards, en mettant la main sur son coeur et en lorgnant vers les sièges occupés par quatre gars en maillot de corps et pantalon de survet à bande fluo, parlant haut, les doigts poisseux par la chaleur et les grosses glaces qu'ils avalaient goulûment, les cheveux poisseux aussi, à cause du gel et des 50 degrés de moyenne dans la rame.
La petite mamie avait bien essayé de gagner une place assise, mais elle n'avait pas été assez rapide et d'un coup d'épaule bien ajusté, un des malabars l'avait rejeté vers la porte.
Dans les rues, il y a de gros 4x4 aux vitres teintées avec des pare-buffles et dans le métro des trous du cul avec des lunettes de soleil, du gel plein les tifs et des pantalons de survet aux poches rembourrées avec cinq portables, mais ce sont les mêmes, ils n'ont qu'une idée en tête, virer les petites mamies qui font chier le monde avec leur canne et leur petits yeux larmoyants...
Dans le temps, c'est ce qu'on leur a raconté, il n'y avait pas de chômage - hallucinant non? - les gens bossaient comme des malades toute leur chienne de vie, cotisaient à la sécu sans broncher et passaient l'arme à gauche l'année de leur retraite. C'était fendard, pas de places assises à céder dans le métro, pas de régime de retraite en déficit... et on pouvait mettre à fond la musique dans le 4x4 aux vitres teintées baissées au max, les vitres, pas la musique, il n'y avait de vieux con pour vous demander de la mettre en sourdine sous prétexte qu'on avait garé sous sa putain de fenêtre. Quant aux rares qui survivaient péniblement, ils étaient sourds et impotents, on s'en foutait. Ca devait être la belle vie!
Mais j'anticipe. Revenons donc à notre épreuve "Les halles gare du nord".
Après une tentative pour biaiser et monter dans le métro direction Clignancourt, le quai bondé et le panneau jaune cerise d'incidents divers graves de voyageurs jetés par pelletées sur les voies m'avait convaincu de changer mes plans. Je me suis glissé furtivement sur le quai du rer B. Les halles - Gare du Nord, une station, rer B, plan B, ça devait le faire.
On se serait cru en Andalousie : un pakistanais avait installé sur le quai un carton-étalage d'éventails et il venait de faire fortune. Le wagon bondé bruissait comme une ruche quand les ouvrières battent frénétiquement des ailes pour faire baisser la température et rafraîchir la reine et l'écloserie. Là, pas de reine, pas d'écloserie, mais nos 4 gars en marcel tachés par de longues traînées de glace, carrément couchés sur leurs fauteuils. Bon, on a la ruche qu'on mérite.
Au bout de dix minutes de stationnement, au moment délicat où le wagon est aussi bondé que le quai et où on se demande si c'est pas le quai qui va partir, une petite voix retentit dans le haut parleur... C'était le conducteur.
Surpris, c'est pas tous les jours qu'on s'adresse à eux, les voyageurs arrêtèrent de s'éventer, les malabars de suçoter leur cornet en ricanant, la mamie de gémir en comptant ses battements.
La petite voix chuchota : "heu, bonjour, alors voilà... heu... suite un incident de traction en gare du nord, il n'y a plus qu'une voie pour faire passer le trafic, alors forcément... il y a des perturbations..."
Et la voix s'éteignit dans la chaleur moite, comme aspirée par une brusque montée de température et de transpiration.
C'est juste à ce moment là qu'on s'aperçut que le signal de fermeture des portes sonnait depuis plisueurs minutes. Plus de pression dans les tuyaux pour actionner automatiquement une fermeture autoritaire?
Les gens se regardaient hagards, ma voisine agita son éventail à grands coups fébriles, le petit emploi précaire sur le quai, chargé de pousser les gens dans les rames plutôt que sous les roues, essaya de fermer la portes au grand dam des malabars qui hurlaient qu'il faisait assez chaud comme ça et qu'on n'allait pas en plus les enfermer, alors que d'autres essayaient de leur expliquer qu'on ne pourrait jamais démarrer les portes ouvertes. On s'ébranla doucement, très doucement, et à ce moment la petite mamie glissa tout aussi doucement vers le sol, retenue par la pression horizontale exercée par ses deux voisins qui la serraient de si près qu'un moment ça lui a rappelé quand elle avait dix-huit ans et que les mecs lui pelotaient les fesses entre deux stations, l'air de rien.
On a mis quinze minutes entre les halles et gare du nord, ma voisine pleurait sur son train raté, les glaces avaient fondu, la mamie fut évacuée par deux très jeunes pompiers au teint rose et aux yeux bleux, et le conducteur n'osait plus dire un mot dans son micro.
Pierre Etaix et jean-claude Carrière : c'est gagné !!
Les bonnes nouvelles ne sont pas si fréquentes :
Il y a quelques temps, la Panse de l'Ours s'était jointe au mouvement qui essayait de faire rendre à pierre Etaix et à Jean-Claude Carrière leur droit sur leurs propres films...
le jugement avait été mise en délibéré et après mure réflexion ... le jugement a été rendu vendredi 26 juin : Pierre Étaix et Jean-Claude Carrière ont été rétablis dans leurs droits et la société Gavroche Production déboutée de toutes ses demandes.